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Assemblée Générale

le jeudi 19 février 2009 à 9h
à l'amphi Elie Castor


Dans le cadre du mouvement national concernant :

-la suppression de 1030 postes dans les universités à la rentrée 2009.
-la réforme du mode de recrutement des enseignants des 1er et 2nd degrés.
-le projet de réforme du statut d'enseignant-chercheur.
-le démantèlement des organismes de recherche.


Venez nombreux
Défendre, débattre et proposer des actions.


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#Posté le mardi 17 février 2009 13:14

Article de presse 10-02-09

Formation des professeurs : parents d'élèves, si vous saviez...
LE MONDE | 10.02.09 | 14h12 • Mis à jour le 10.02.09 | 14h12

Le projet de réforme de la formation des maîtres entraînera un dramatique recul pour notre école publique. Qu'on en juge ! Aujourd'hui, après la licence et une année de préparation du concours, les lauréats ont le statut de professeur stagiaire.
Ils sont rémunérés durant leur cinquième année d'étude et leur formation se déroule en alternance dans des écoles internes d'universités, les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) et dans des établissements scolaires. C'est ainsi que les futurs professeurs des écoles se voient confier des élèves, en pleine responsabilité, lors de stages occupant un tiers de l'année, dans trois classes différentes.
Ce n'est pas parfait. Cette formation est trop courte, elle souffre d'une insuffisante prise en compte des gestes professionnels, d'une trop faible articulation entre la pratique et les apports qui l'éclairent (savoirs disciplinaires, didactique, pédagogie, psychologie, sociologie, histoire de l'école...). Nous ne nous satisfaisons donc pas du statu quo : il faudrait concevoir une formation professionnelle plus longue, qui donne toute sa place à la formation universitaire et joue à fond la carte de l'alternance.
Fallait-il donc rayer d'un trait de plume le système actuel, sans aucune évaluation préalable, et le remplacer aussi vite par un autre, différent et sans équivalent ailleurs ? Qu'il faille dispenser une formation disciplinaire de large spectre aux futurs enseignants dans les deux années suivant la licence pour les rendre capables d'intégrer de nouvelles connaissances dans leur enseignement tout au long de leur carrière, cela fait consensus. Qu'il faille renforcer leur formation sur les plans didactique et pédagogique, cela aussi est incontestable. Et que l'on reconnaisse ce plus haut niveau de formation par la délivrance d'un master en est une suite logique. Mais la condition impérative pour que cela soit possible, c'est le maintien de la formation par alternance. Or ce n'est pas du tout ce que prévoit le nouveau dispositif, applicable dès septembre.
Pendant leur formation, les étudiants ne disposeront au mieux que d'un mois de stage pour s'exercer au métier, mais tous n'en bénéficieront pas car il n'est pas obligatoire d'en prévoir dans le cursus. Et comment le pourrait-on quand le ministère promet 40 000 stages pour... 150 000 étudiants ? Heureusement d'ailleurs pour les rectorats, bien incapables de répondre à la demande, notamment dans les académies qui ont le plus de candidats.
Et même quand les étudiants auront un stage, leur obsession légitime sera de réussir le concours : ses épreuves se situent en janvier et juin de la 2e année de master. Et il est évident que leur préparation empêchera aussi de s'engager dans les recherches qu'exige le mémoire de master.
Ensuite, après cette "formation", les débutants devront assurer seuls, sans accompagnement véritable, un enseignement à plein temps à l'année. Ainsi le professeur des écoles qui aura fait un stage d'un mois (dans le meilleur des cas) au CM1 pourra se voir confier, sans expérience préalable, un CP ou une classe de maternelle ! Et le jeune professeur de maths ou d'histoire qui aura pu s'entraîner quelques heures (mais pas toujours) dans une classe de 1re devra enseigner d'emblée à cinq ou six classes allant de la 6e à la 3e dans un collège de banlieue ! Premiers pas inoubliables dans le métier...
Donnerait-on le permis de conduire à des candidats qui n'auraient jamais pris le volant ? Que dirait-on d'une formation d'infirmières qui apprendraient dans les livres à faire les piqûres ? C'est pourtant ce que le ministère s'apprête à décréter. Les conséquences sont hélas prévisibles : les débutants auront du mal à gérer la classe et, malgré eux, ils mettront souvent leurs élèves en difficulté. Les inspecteurs et les chefs d'établissement seront submergés de plaintes, le pourcentage de démissionnaires augmentera, on créera des "cellules de soutien psychologique"...
Cette réforme réussit par ailleurs le tour de force de susciter simultanément de légitimes inquiétudes quant au niveau de maîtrise des disciplines par les futurs enseignants, notamment en raison d'une conception hybride des épreuves des concours. La réduction de leur nombre (pour faire des économies) empêchera de s'assurer que les lauréats maîtrisent bien les savoirs et compétences nécessaires pour enseigner les disciplines scolaires. Le comble est atteint avec le concours de professeurs des écoles, qui n'aura plus d'épreuve pour vérifier de façon fiable leur capacité à enseigner le français !
Enseigner est un métier qui s'apprend, et qui s'apprend continûment, en même temps qu'une fonction sociale qui exige une permanente mise à jour des connaissances. Or, non seulement le projet ne dit rien de la formation continue des professeurs du secondaire, déjà si restreinte, mais il la met en péril dans le primaire. En effet, actuellement, les professeurs des écoles peuvent bénéficier de la formation continue parce que, lors des stages de formation initiale, leurs jeunes collègues les remplacent dans leur classe. En divisant par trois la durée de ces stages, on anéantit la formation continue. On tourne le dos aux conditions du progrès de l'école.
La logique globale semble d'abord budgétaire : la suppression du statut de fonctionnaire stagiaire rémunéré équivaut à un plan social de 20 000 postes. Ce sera aux familles de payer les études... Du moins, celles qui le pourront. Cette logique est injuste.
Mais le projet met aussi à mal l'égalité territoriale. Le caractère national des concours est fragilisé, dans les départements ruraux, l'existence des sites IUFM installés dans les anciennes Ecoles normales est menacée et le gouvernement a engagé les universités dans une concurrence sauvage : on ne peut plus être sûr qu'on formera les mêmes enseignants d'une région à l'autre ou au sein d'une même région tant les conceptions du métier varient d'un projet à l'autre.
Est ainsi en train de se rompre le lien consubstantiel établi depuis Jules Ferry entre l'école, les maîtres et la République, celui d'une formation définie et maîtrisée par l'Etat. Nous assistons à la dénationalisation de la formation des maîtres, le coeur de l'école publique. Pourquoi les citoyens ne sont-ils pas informés de cette réforme essentielle ? Pourquoi le Parlement n'en est-il pas saisi ?
Depuis l'automne, ce projet fait l'unanimité contre lui. La plupart des universités ont demandé un moratoire pour permettre que s'engage une négociation sérieuse autour d'une vraie réforme, plus nécessaire que jamais, à un moment où le métier est de plus en plus difficile. Mais elles ne sont pas entendues.
Pour l'instant, cette obstination a un résultat évident : la pagaille dans le monde universitaire. Le retour des projets de master est imposé pour le 15 février, mais les dernières précisions du ministère datent du 15 janvier et les textes officiels sur les épreuves des concours ne sont toujours pas parus...
Que faire devant tant d'irresponsabilité et tant d'irrespect envers les acteurs de la formation ? Au regard des délais, il n'y a plus d'autre solution : les parents d'élèves, appuyés par les parlementaires et les élus locaux attachés à la qualité de notre école, doivent demander l'arrêt d'urgence de ce train fou. Nous en sommes convaincus, le gouvernement devra alors cesser de s'entêter et retirer sa "réforme", maintenir une année de plus les concours actuels, prendre le temps d'évaluer l'existant et organiser l'indispensable négociation. C'est l'esprit républicain et c'est le simple bon sens. Mais il faut agir vite.


Sylvie Clabecq, professeur IUFM Pays de Loire, université de Nantes ;
Guy Couarraze, président de l'université Paris-Sud-XI ;
Claudine Garcia-Debanc, professeur des universités, IUFM de Midi-Pyrénées, université Toulouse-II-Le Mirail ;
Sylvain Grandserre, professeur des écoles, directeur (Seine-Maritime), prix Louis Cros 2007 ;
Hervé Hamon, écrivain, auteur de "Tant qu'il y aura des profs" et éditeur ;
Jean-Jacques Hazan, président de la Fédération des conseils de parents d'élèves de l'école publique ;
Philippe Joutard, historien, ancien recteur ;
Jean-Pierre Kahane, mathématicien, membre de l'Académie des sciences ;
Georges Molinié, président de l'université Paris-IV (Sorbonne) ;
André Ouzoulias, professeur agrégé, IUFM de Versailles, université de Cergy-Pontoise ;
Sylvie Plane, professeur des universités, IUFM de Paris, université Paris-IV.
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#Posté le lundi 16 février 2009 17:28

Réforme des universités et de la recherche : des discours aux actes

Depuis des mois, le gouvernement proclame sa volonté de réformer le
système de l'enseignement supérieur et de la recherche pour le hisser au
meilleur niveau mondial.

De nombreux représentants de la communauté scientifique, parmi lesquels
des signataires de ce texte, ont manifesté un grand intérêt pour ce projet et ont
proposé de nombreuses pistes de réflexion. Le ministère les a pieusement
écoutés pour ensuite ne tenir aucun compte de leurs suggestions et remarques. Et
les orientations finalement retenues, souvent en contradiction avec le but affiché,
sont extrêmement préoccupantes.

Ainsi, alors que l'objectif affiché est l'excellence de nos universités et de
notre recherche, alors que Mme Pécresse a proclamé sa volonté de porter nos
meilleurs établissements aux premiers rangs du fameux classement de Shanghai,
comment comprendre que les réductions d'effectifs annoncées touchent
notamment les universités les mieux placées dans ce classement ?

Le ministère réplique que ces suppressions de postes pourront être
compensées par la possibilité de moduler la charge d'enseignement des
universitaires en fonction de leur activité de recherche, possibilité qu'introduit
un récent projet de décret. Une modulation des services, dans son principe,
pourrait avoir l'intérêt de réduire la lourdeur de la charge d'enseignement qui
handicape l'activité de recherche de nombreux universitaires, notamment vis-àvis
de certains collègues étrangers. Mais ses modalités de mise en oeuvre en font
une mesure dangereuse, hypocrite et contre-productive.

La modulation envisagée est dangereuse : elle dépend du seul pouvoir du
président d'université et de son conseil d'administration, nullement liés par
l'avis seulement consultatif du Conseil National des Universités. Cet organe
représentatif, chargé de l'évaluation des universitaires, tire pourtant sa légitimité
de son indépendance à l'égard du pouvoir central (ministère) et des pouvoirs
locaux (président et conseils d'université) ainsi que de sa composition, qui
garantit une évaluation des universitaires par des pairs compétents, ce qui est
indispensable à toute évaluation impartiale et équitable. En le confinant à un rôle
subalterne et en conférant des pouvoirs exorbitants aux présidents d'université,
la réforme porte gravement atteinte au principe d'indépendance des
universitaires. Or ce principe est consacré dans tous les pays dotés d'universités
performantes, tout simplement parce que l'indépendance est indispensable à une
recherche créative et à un enseignement de qualité. « L'université est une
communauté de chercheurs scientifiques libres de suivre leurs idées dans
n'importe quel domaine du savoir » a dit un président de l'université Rockfeller,
célèbre université privée américaine. Loin d'améliorer la qualité de la recherche
et de l'enseignement supérieur, la réforme projetée aboutira ainsi au
« clientélisme » et au « localisme » si souvent dénoncés par le ministère.

La modulation envisagée est également hypocrite. Alors qu'on la présente
comme un moyen d'améliorer la qualité de la recherche, on doit craindre qu'elle
soit seulement un moyen d'alourdir la charge d'enseignement des universitaires.
Comment le ministère peut-il supprimer des postes dans de très bonnes
universités et soutenir, en même temps, que la modulation servira à alléger les
charges d'enseignement de la majorité d'excellents chercheurs de ces
universités ? L'érosion du potentiel d'enseignement empêchera de facto la
modulation à la baisse et imposera la modulation à la hausse, quel que soit le
niveau des Universités et des universitaires.

Et cette modulation s'avèrera ainsi finalement contre-productive. A
l'inverse de la volonté affichée par le ministère, cette mesure, si elle aboutit
donc à alourdir la charge d'enseignement, affaiblira durablement le potentiel de
recherche des universitaires. Le souci de ne pas gaspiller l'argent des
contribuables est légitime et nécessaire. Encore faut-il que ces économies
s'avèrent productives. A l'heure où l'économie réelle a besoin d'investissements
d'avenir aux dires mêmes du président de la République, la politique à courtevue
de coupes claires sans discernement dans la recherche et l'enseignement
supérieur est suicidaire.

Et là ne résident pas les seules contradictions.

Premier exemple, les « chaires organisme-université ». Ces postes,
destinés à attirer les jeunes chercheurs les plus brillants, offrent une meilleure
rémunération, des crédits de recherche et un service d'enseignement allégé
pendant 5 ou 10 ans. L'idée, si elle ne doit pas cacher la « misère universitaire
française », était assurément séduisante. Mais sa mise en oeuvre est désastreuse.
Dans la configuration actuelle, en effet, chaque chaire, avec ses crédits de
recherche budgétisés avec les salaires, coûte presque autant que deux postes
d'enseignant-chercheur ou de chercheur : à budget constant, chaque chaire
« consomme » donc deux postes ou presque et conduit ainsi à diminuer le
nombre global de postes disponibles. Et le ministère a refusé tous les modes de
financement alternatifs, même ceux n'entraînant pas d'augmentation du budget
de l'enseignement supérieur. Cette diminution des postes disponibles réduira le
nombre global de brillants chercheurs recrutés et ira donc à l'encontre du but
recherché : attirer ou retenir les meilleurs. Une bonne idée potentielle a ainsi été
travestie en « une idée astucieuse pour rendre des postes à Bercy ».

Deuxième exemple, la réorganisation de la structuration de la recherche.
La France doit nombre de ses succès scientifiques aux organismes (CNRS
notamment) qui garantissent la cohérence de l'effort national de recherche. La
recherche universitaire est particulièrement performante dans les laboratoires
dits mixtes, associant en partenariat l'organisme de recherche avec une
université ou une entreprise. Il est surprenant d'entendre le président de la
République annoncer le 22 janvier la transformation totale du CNRS en agence
de moyens, ce qui serait la fin de cette fructueuse mixité, au mépris du plan
stratégique de l'organisme pourtant accepté par l'Etat il y a 6 mois. Ce dans un
discours où il célèbre l'un de nous, qui effectue sa recherche dans un
laboratoire... mixte ! S'il importe de moderniser les Organismes, c'est en
instituant un partenariat équilibré avec l'Université. Il faut aussi donner des
moyens réels aux Organismes. Or, la réorganisation du CNRS en Instituts
s'accompagne de nouvelles missions (notamment le développement de projets
transdisciplinaires nationaux) pour lesquelles des moyens supplémentaires n'ont
pas été déployés, ce qui handicape sa capacité de soutien aux laboratoires. Sans
parler de la baisse du nombre de ses recrutements, dont la qualité est pourtant
reconnue, ni du risque d'éclatement pur et simple de l'organisme qui sonnerait
le glas d'une vision nationale pluridisciplinaire de la science française.

Troisième exemple, la politique de financement des projets de recherche.
Le gouvernement connaît les dangers d'un excès de financement de projets à
court terme ou trop ciblés, aux dépens des dotations annuelles des laboratoires et
des financements de projets libres (dits blancs). Pourtant, la part réelle des
dotations annuelles dans le budget des laboratoires diminue tandis que
l'augmentation réelle des projets blancs est dérisoire à l'aune des standards
internationaux. La ministre elle-même avait pourtant reconnu la nécessité d'en
augmenter significativement la part.

Les enseignants-chercheurs sont, quelle que soit leur affinité politique,
largement opposés à la réforme actuellement engagée, incohérente et mal
pensée. La gravité de la situation et la stérilité des discussions avec le ministère
contraignent le milieu à des actions de protestation inhabituelles dans une
atmosphère explosive : appel de la conférence des présidents d'université au
président de la République, rétention de notes, signature de pétitions, appel à la
grève... Certains envisagent la cessation des responsabilités collectives qu'ils
assument.

Nous en appelons au Gouvernement pour une réforme respectueuse des
libertés universitaires et soucieuse réellement de la qualité de la recherche
française.

Madame la ministre, Messieurs les conseillers, la recherche et
l'enseignement supérieur valent mieux que des mesures incohérentes et
contraires à l'ambition affichée : la performance !

Bruno Chaudret, chimiste, membre de l'Académie des sciences, directeur de
recherche, Albert Fert, physicien, prix Nobel 2007, professeur, Yves Laszlo,
mathématicien, professeur, Denis Mazeaud, juriste, professeur.
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#Posté le lundi 16 février 2009 17:24

Tract explicatif pour le 17 février 2009

Les raisons de la colère des étudiants, des enseignants-chercheurs, des chercheurs.


1. Les réformes en cours

– Le gouvernement veut donner l'autonomie aux universités, mais il ne leur donne pas de moyens.
Il prétend qu'il donne des centaines de millions d'euros, mais il ne s'agit que d'investissements
immobiliers sur quelques sites particuliers, et de crédits d'impôts pour les entreprises qui déclarent
investir dans la recherche. En attendant, la majorité des universités ont la tête sous l'eau, et
commencent à envisager d'augmenter les frais d'inscription pour survivre.

– Jusqu'ici tous les enseignants-chercheurs (à l'université) font le même nombre d'heures de cours
par semaine. Le gouvernement veut permettre aux chefs d'établissement de donner plus d'heures à
certains, et moins à d'autres. Mais il ne donne aucun moyen pour cela : au contraire, il supprime
des postes (1050 postes en moins en 2009) ! Cela veut dire que la plupart des enseignantschercheurs
feront plus d'heures. Pourquoi est-ce grave ? Parce que ce qui fait l'intérêt de
l'université, c'est que ceux qui y enseignent sont supposés être des spécialistes : ils ne passent pas
tout leur temps à enseigner, mais la moitié de leur temps à faire de la recherche scientifique sur un
sujet pointu. Si on leur enlève cette possibilité, on crée une université de seconde zone. Cette
réforme menace en premier lieu les petites universités, les universités pauvres, les universités qui ne
sont pas entourées de grandes entreprises qui investissent ! Les Antilles et la Guyane risquent de
prendre cette réforme de plein fouet !

– Par ailleurs, le gouvernement veut se désengager de la formation des enseignants des écoles,
collèges et lycées. Auparavant, il investissait une année pour leur formation, avec le système des
IUFM. Désormais, il veut que les futurs enseignants passent un concours universitaire (ils ne seront
plus payés pour être formés, et devront se débrouiller tout seuls), puis soient lâchés avec une
formation plus réduite directement dans les classes.

– Enfin, le président de la république a déclaré que les organismes de recherche français avaient
une organisation désastreuse et donnaient de mauvais résultats, et qu'il fallait qu'ils cessent
d'exister dans leur forme actuelle, pour se transformer en « agences de moyens » (financer des
recherches finalisées pilotées par l'état et les grandes entreprises, en n'employant que des
chercheurs extérieurs ou sur contrats à durée déterminée). En réalité, le CNRS est le 6e
organisme de recherche dans le classement mondial, alors même que la France n'est qu'à la
18ème position pour le financement public de la recherche !

2. Les enjeux sous-jacents

Le gouvernement de Sarkozy prétend vouloir réformer un système trop complexe, et faire émerger
l'excellence. En réalité, ce sont toutes les réformes récentes qui ont rendu le système complexe.
Avec le système du financement par projet, les enseignants-chercheurs et les chercheurs passent
plus de temps à rédiger des dossiers pour essayer d'obtenir des financements pour leurs
recherches, qu'à faire ces recherches ! Avec les réformes successives, ils passent plus de temps à
réfléchir à l'organisation et à la réorganisation des enseignements à l'université, qu'à faire ces
enseignements. Alors pourquoi le gouvernement fait-il tout cela, si cela désorganise la recherche et
l'université ? Parce que son vrai but est de faire des économies sur un service public qu'il juge en
partie improductif (par courte vue), et de contractualiser la recherche et l'enseignement supérieur
public, en les soumettant aux priorités que lui imposeront le gouvernement et les entreprises.

3. La manipulation, les tentatives de jeter le discrédit sur les activités

Pour convaincre l'opinion publique qu'ils ont raison, le président Sarkozy et son ministre Darcos
n'hésitent pas à avoir recours à des moyens malhonnêtes. Ils accusent la communauté scientifique
de refuser d'évoluer, alors même que celle-ci, lors des États-Généraux de la Recherche en 2004, a
fait d'elle-même un grand nombre de propositions d'évolution, dont il n'a été tenu aucun
compte. Ils présentent les enseignants-chercheurs comme des fainéants qui travaillent très peu et
veulent garder ce privilège, alors même qu'avec la démocratisation de l'accès à l'université, ceux-ci
doivent faire face à des quantités croissantes d'étudiants sans moyens supplémentaires. Ils
présentent les chercheurs comme des têtes de mule qui refusent d'être évalués, alors que ceux-ci
sont évalués en permanence dans l'exercice de leur métier. Ils présentent les étudiants inquiets
comme des benêts manipulés par leurs enseignants, comme si les étudiants n'étaient pas capables
de se rendre compte qu'ils sont les premiers touchés par les réformes qu'on leur prépare ! En bref,
ils essayent de diviser l'opinion, en excitant certaines parties de la population contre d'autres, afin
que les enseignants, les étudiants et les chercheurs n'osent pas élever la voix contre ce qui est en
train de se passer. Ce sont des méthodes indignes.

4. Nous ne nous battons pas pour des privilèges !

Vous n'entendrez pas un seul enseignant, ou chercheur, demander aujourd'hui une
revalorisation de son salaire ou de sa retraite ! Et ce, alors même qu'on ne peut pas dire que ceux
qui font ce métier le font pour l'argent : en effet, quand on fait un minimum de huit ans d'études,
que l'on doit se soumettre à un véritable parcours du combattant, pendant des années, pour avoir
une chance sur 10 d'obtenir un poste, parfois très éloigné de chez soi, et pour au final gagner un
salaire qui n'a rien de comparable avec les salaires des cadres dans les entreprises privées, c'est
qu'on est passionné par son métier. Alors, pourquoi les personnels des universités et des
organismes de recherche protestent-ils aujourd'hui ? Parce qu'ils jugent indigne la façon dont on
brade l'université et la recherche, en les soumettant à des intérêts de court terme. Parce qu'ils en
ont assez d'être insultés alors qu'ils se dévouent à leur métier. Parce qu'ils en ont assez qu'on
supprime les postes de ceux qui font fonctionner l'université et la recherche (les personnels
techniques et administratifs), en les condamnant à la précarité, et en rejetant sur les enseignants et
les chercheurs le surcroît de tâches ainsi créé. Enfin, parce qu'ils jugent absurde qu'à l'orée du
XXIe siècle, notre pays fasse des économies de bouts de chandelle (que représentent 1000 postes
à l'université par rapport aux milliards des plans de recapitalisation des banques ?) sur la recherche
et sur l'université, c'est-à-dire sur le savoir, la connaissance, l'imagination, bref sur l'avenir de
la société.

5. La responsabilité de l'état aux Antilles et en Guyane

Ce problème est-il un problème uniquement métropolitain ? Oh que non ! Le système universitaire
qu'est en train de mettre en place le gouvernement actuel est extrêmement inégalitaire. Il laisse
couler les universités qui ont le plus besoin de moyens, car elles sont souvent moins « flashy » que
les universités-modèles dans lesquelles l'état investit des millions d'euros de projets immobiliers.
L'Université des Antilles et de la Guyane est victime de cette logique. Cette année, elle perd un
poste, alors qu'au contraire il faudrait en créer plusieurs pour résorber son déficit en enseignants
(particulièrement en Guyane). Si la répartition des services d'enseignement doit se faire localement,
et à moyens constants, ses enseignants-chercheurs auront de moins en moins de temps pour la
recherche. Ceci implique une moins bonne réputation, une moins bonne attractivité, et des diplômes
moins cotés : une université de second rang serait-elle donc bien suffisante pour la jeunesse de
nos trois régions ? Enfin, s'il est idiot de faire des économies sur le développement de nouveaux
savoirs et la formation de futures élites en France en général, cela est encore plus vrai aux Antilles
et en Guyane. Car quel sera l'avenir de nos sociétés et de nos économies sans élévation du
niveau d'éducation, sans création de savoirs, de cultures, et de richesses immatérielles ? L'avenir
des Antilles et de la Guyane résiderait-il dans la culture de la canne à sucre, ou le tourisme à bas
coût ? Ce n'est pas sérieux ! L'état ne peut pas, ici moins encore qu'ailleurs, se désengager de
l'avenir de la jeunesse.


Fédération des Collectifs de Défense de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche
Antilles-Guyane
Cayenne, le 16 février 2009
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#Posté le lundi 16 février 2009 17:01

Tract faisant appel à une journée d'action massive le jeudi 19 février 2009

Le Collectif en Guyane pour la Défense de l'enseignement Supérieur et de la Recherche appelle les personnels et les usagers de l'UAG à se mobiliser contre :

-la suppression de 1030 postes dans les universités à la rentrée 2009 ;
-la réforme du mode de recrutement des enseignants des 1er et 2nd degrés ;
-le projet de réforme du statut d'enseignant-chercheur ;
-le démantèlement des organismes de recherche.


Il appelle à une journée d'action massive le jeudi 19 février 2009 dans le cadre d'un mouvement national.



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#Posté le lundi 16 février 2009 16:41

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